6 Heures de Monza : BMW et Ferrari pour le podium WEC

La saison 2026 du Championnat du monde d’endurance FIA (WEC) entre dans sa dernière ligne droite. Avant la 6 Heures de Monza, qui clôturera la campagne du 6 au 8 novembre, Toyota a déjà décroché un double sacre historique à Barcelone. Le rendez-vous de la 6 Heures de Monza s’annonce comme le grand final de l’année : sur le mythique Temple de la Fama, les champions ne seront plus départagés, mais la lutte pour la deuxième et la troisième place, elle, restera vivace.

Retour sur les faits durs de la semaine, l’état des classements et les coulisses d’une saison qui s’achève au son des V12 italiens.

6 Heures de Monza — la finale WEC au Temple de la Fama, avec la Toyota GR010 Hybrid n°8 championne du monde

Toyota double champion du monde avant la 6 Heures de Monza

Le double titre est déjà scellé. En s’imposant aux 6 Heures de Barcelone, septième manche du championnat et première édition de l’histoire en Espagne, Toyota a emporté à la fois son 8e titre constructeur WEC — le 5e en ère Hypercar depuis 2021 — et le titre pilotes. Les deux couronnes sont acquises avant la 6 Heures de Monza.

Ce sacre s’est construit dans des conditions exigeantes. La course de Barcelone s’est disputée par temps changeant, alternant sécheresse et averses, un scénario qui a fait la différence entre les prétendants. La GR010 Hybrid, redoutable en gestion des pneus comme en fiabilité mécanique, a su profiter de l’occasion pour transformer sa régularité de la saison en couronne.

Par ailleurs, la victoire du week-end est revenue au #8, confié à Sébastien Buemi, Ryō Hirakawa et Brendon Hartley, une performance qui les place en excellente position avant la 6 Heures de Monza. Il s’agit de leur deuxième victoire consécutive et de la troisième de la saison, et du premier titre pilotes de la campagne.

Ce trio, régulier tout au long de la saison, a su conserver son sang-froid dans les moments décisifs. Leur association, l’une des plus expérimentées du plateau, paie aujourd’hui une saison maîtrisée, construite course après course et sans erreur de casting.

Chez la sœur #7, Nyck de Vries, Kamui Kobayashi et Mike Conway ont également livré une saison de très haut niveau. Seize points derrière le trio champion, ils sont restés les seuls à inquiéter régulièrement le #8, et leur régularité a été déterminante dans la course au titre. Leur deuxième place, déjà acquise en amont de la 6 Heures de Monza, est un résultat à la hauteur de leurs ambitions.

Victoire du #8 et podium Hypercar à Barcelone

Au terme des six heures de course, le #8 a devancé sa sœur #7, pilotée par Nyck de Vries, Kamui Kobayashi et Mike Conway. Le #50 Ferrari AF Corse, engagé par Antonio Fuoco, Nicklas Nielsen et Miguel Molina, a complété le podium Hypercar, comme nous l’avions déjà détaillé dans notre compte-rendu des 6 Heures de Barcelone. En d’autres termes, la hiérarchie Hypercar en amont de la 6 Heures de Monza est désormais très lisible.

Derrière ce podium, la lutte a été particulièrement serrée entre les deux Toyota, qui se sont disputé le premier rang pendant l’essentiel de l’épreuve. La Ferrari #50, elle, a su préserver sa troisième place malgré la pression des poursuivantes, un résultat qui confirme la compétitivité d’AF Corse sur cette fin de saison.

Côté chiffres, le Circuit de Barcelona-Catalunya, situé à Montmeló, a accueilli 55 511 spectateurs. Il s’agissait de la 50e course WEC disputée en Europe et du 16e circuit distinct du championnat. Chacun de ces repères nourrit l’attente avant la 6 Heures de Monza, qui se présentera comme le dernier rendez-vous de l’exercice.

Au fil des années, le WEC a tissé des liens profonds avec le public européen, et l’Espagne n’a pas dérogé à cette règle. L’enthousiasme des tribunes, mêlé à la performance des équipes, a donné à cette première édition toutes ses lettres de noblesse, et prépare l’arrivée en force de l’événement en Italie.

LMGT3 : sept vainqueurs différents, un record de la discipline

En revanche, la catégorie LMGT3 a offert un spectacle encore plus ouvert. Le #92 The Bend Manthey Porsche 911 GT3, confié à Richard Lietz, Yasser Shahin et Riccardo Pera, a signé la victoire, la première de la saison pour cette équipe.

Par ailleurs, les sept manches courues jusqu’ici ont chacune été remportées par un vainqueur différent, un record absolu pour la discipline. Cette ouverture totale du plateau rend la dernière course encore plus imprévisible : aucune équipe ne peut se reposer sur une avance confortable, et la 6 Heures de Monza pourrait bien écrire une page supplémentaire de cette saga.

Transferts 2027 : McLaren en Hypercar, Alpine en mutation

La trêve est aussi l’occasion des mouvements d’effectifs, qui prendront toute leur importance en vue de la 6 Heures de Monza et de la saison 2027. Genesis Magma Racing a confirmé le maintien de ses six pilotes, tandis que Dani Juncadella prolonge son engagement.

De son côté, McLaren, qui fera ses débuts en WEC en 2027, a nommé Leonardo Fornaroli — pilote de réserve en F1 et champion en titre de F2 — pilote officiel en Hypercar, pour la saison comme pour les 24 Heures du Mans. Le développement du projet est piloté par James Barclay, un signal fort de l’ambition du constructeur britannique.

Toutefois, du côté d’Alpine, l’air est plus tendu. Le partenariat moteur avec Geely s’achève, les négociations n’ayant pas abouti selon Philippe Sinault, et Jules Gounon s’attend à ne pas rester en Hypercar WEC l’an prochain. Enfin, sur le plan réglementaire, la catégorie LMGT3 deviendra en 2027 un championnat par équipes.

La liste des invités pour le Mans s’allonge également : Kessel Racing est convoquée en LMGT3 pour la deuxième année consécutive, devenant la neuvième invitée de l’histoire. En marge du paddock, la FFSA traverse une période agitée et le circuit de Viry-Châtillon vient d’être vendu. Si vous suivez aussi les mouvements dans d’autres catégories, notre dossier sur les transferts Moto GP 2027 dresse un état des lieux complémentaire, à quelques semaines de la 6 Heures de Monza.

6 Heures de Monza : la finale qui départage BMW et Ferrari

Venons-en au principal : la 6 Heures de Monza sera la huitième et dernière manche du championnat. Toyota y sera déjà double champion du monde, mais la course départagera encore la deuxième et la troisième places, tant chez les pilotes que chez les constructeurs. BMW M Team WRT arrive avec 24 points d’avance sur son dauphin, et Ferrari reste en embuscade pour ce grand final.

Le scénario de la 6 Heures de Monza s’annonce donc indécis en bas de tableau. Avec 26 points en jeu maximum pour une course de six heures, chaque position compte et le moindre abandon peut rebattre les cartes. Les équipes arriveront en Italie avec des stratégies affûtées et l’envie de transformer cette dernière chance en podium.

Chez les constructeurs, la bataille est tout aussi passionnante. BMW M Team WRT défend une avance confortable, mais Ferrari compte sur sa capacité d’attaque sur les circuits routiers pour s’intercaler. La 6 Heures de Monza pourrait ainsi redistribuer les cartes du classement des marques, au moment le plus inattendu.

Au classement pilotes Hypercar, le #8 de Buemi, Hartley et Hirakawa est déjà champion avec 114 points, et le #7 de Kobayashi, Conway et De Vries suit à 97 points. En revanche, la bataille pour la troisième place oppose Magnussen et Marciello, associés au BMW #15, à Rast et Frijns au volant du BMW #20, tous deux à 75 points. C’est donc à la 6 Heures de Monza que se jouera la médaille de bronze, dans un suspense ouvert jusqu’au drapeau à damier.

La manche se disputera du 6 au 8 novembre 2026 sur l’anneau des Tempi del Voto, surnommé le Temple de la Fama. Ce tracé routier, mythique en Formule 1, constitue un cadre idéal pour la clôture de la saison. Dès l’annonce de la 6 Heures de Monza, l’émotion a gagné les paddocks.

Les longs virages rapides, les chicanes légendaires et les tribunes bondées font de ce tracé l’un des plus exigeants du calendrier. La 6 Heures de Monza doit beaucoup à ce décor : l’enjeu sportif y sera réel, l’ambiance y sera électrique, et l’histoire pourrait encore s’inviter sur ce grand rendez-vous.

Le week-end se déroulera selon le format habituel de la série, avec des essais libres, une qualification pour la pole position et la course de six heures elle-même, dimanche après-midi. Comme à chaque fois, la stratégie des arrêts, la gestion de l’énergie et la constance des pilotes feront la différence. C’est sur ces détails que se joueront les places d’honneur.

Pour résumer cette semaine chargée, retenons trois temps forts : le double sacre de Toyota, scellé avant la finale ; le record d’ouverture de la catégorie LMGT3, avec sept vainqueurs différents sur sept manches ; et une conclusion à la 6 Heures de Monza qui départagera encore BMW et Ferrari, chez les pilotes comme chez les constructeurs.

En définitive, cette semaine de WEC a confirmé la supériorité de Toyota tout en laissant ouvert un suspense de fond sur le bas du classement. La 6 Heures de Monza, qui servira de couronnement à une saison dense, est à suivre de très près. À l’approche de la 6 Heures de Monza, les équipes rodent déjà leurs stratégies. Nous vous retrouverons avec un compte-rendu complet dès l’arrivée.

Sources :

FIA — Toyota masters mixed conditions to clinch the crown in Spain
RacingNews365 — WEC 2026, 6 Heures de Barcelone results
EnduranceLive — L’actu de la semaine WEC
Toyota Newsroom — 6 Hours of Barcelone : victory seals world title
FIA WEC — 6 Hours of Monza 2026

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