Grand Prix Malaisie : Verstappen brille à Sepang

Le Grand Prix Malaisie a réservé, ce dimanche 4 octobre, l’une des courses les plus spectaculaires de la saison 2026 de Formule 1. Sur le circuit de Sepang, Max Verstappen a arraché sa première victoire de l’année, dans un contexte de pluie torrentielle et un départ retardé d’un peu plus d’une heure. Un scénario de folie qui relance les débats au championnat et met en lumière, en creux, les fragilités persistantes de Mercedes.

Pour ABS Compétition, retour complet sur cette 16e manche : le déroulement chaotique de la course, l’abandon de George Russell, le point sur les deux championnats et les coulisses d’un week-end qui a, enfin, remis Red Bull sur orbite, à sept jours du Grand Prix de Singapour. À sept épreuves de la fin, chaque prise de points revêt désormais une importance stratégique majeure, et ce Grand Prix Malaisie vient de redessiner le plateau en un seul week-end. Voici tout ce qu’il faut retenir de ce Grand Prix Malaisie.

Grand Prix Malaisie — Max Verstappen remporte le Grand Prix Malaisie à Sepang

Un Grand Prix Malaisie historique pour Max Verstappen

Revenir à Sepang était un événement en soi. Pour la première fois depuis 2017, la Formule 1 disputait une course sur ce tracé de 5,543 kilomètres, lui-même remporté par Max Verstappen lors de la dernière visite de la catégorie reine en Malaisie. Officiellement dénommé Formula 1 Gulf Air Bahrain Grand Prix in Malaysia, ce Grand Prix Malaisie a conservé le nom de l’épreuve de Bahreïn, dont la manche d’avril avait été retirée du calendrier pour des raisons géopolitiques. Bahreïn a gardé les droits de l’épreuve, tandis que la F1 trouvait une solution de repli à Kuala Lumpur pour préserver la longueur du championnat.

Ce tracé malaisien est réputé pour ses conditions extrêmes : une température avoisinant les 30 degrés, une humidité proche de 85 % et un asphalte particulièrement abrasif qui use les pneus à un rythme inhabituel. La combinaison de ces facteurs, associée aux longs virages à grande vitesse qui exigent une charge aéro élevée, fait de Sepang un laboratoire exigeant pour les ingénieurs. Par ailleurs, aucune autre piste du calendrier ne met autant à l’épreuve l’équilibre entre appui, refroidissement et longévité des gommes.

Dimanche, au Grand Prix Malaisie, la météo a fait le reste. Une pluie torrentielle a retardé le départ de 93 minutes et la course a été réduite de 56 à 55 tours. Les tours de formation ont été chaotiques : Isack Hadjar a fini dans le gravier, Lewis Hamilton a subi un problème de puissance exigeant un reset logiciel dans les stands, avant le feu vert définitif. Dans ces conditions changeantes, Verstappen a d’abord perdu le commandement au départ, dépassé par les Mercedes d’Antonelli et de Russell. Puis, lors d’un redémarrage sous voiture de sécurité, il a repris le leadership et ne l’a plus jamais lâché.

Une course maîtrisée de bout en bout, malgré plusieurs neutralisations tardives, pour signer sa 72e victoire en carrière et la première depuis le Grand Prix d’Abou Dhabi, l’an dernier. C’est également la première victoire de la saison pour l’unité de puissance Red Bull Ford Powertrains, introduite cette année avec la nouvelle réglementation technique.

Le Néerlandais a franchi la ligne d’arrivée 2,307 secondes devant Kimi Antonelli (Mercedes). Lewis Hamilton (Ferrari) a complété le podium à 4,919 secondes, après une remarquable remontée depuis l’arrière de la piste. Charles Leclerc a terminé 4e malgré un début de course très difficile, Isack Hadjar 5e et Oscar Piastri 6e.

« It is really nice to win after the year we’ve had and all the progression we’ve made. » — Max Verstappen, après sa victoire au Grand Prix Malaisie

Pour l’homme au volant, le soulagement était palpable. Longtemps resté muet cette saison, le quadruple champion du monde a retrouvé des sensations qu’il avait perdues depuis le printemps. Sa performance s’inscrit dans la continuité d’un travail patient de l’écurie autrichienne, qui a progressivement résolu les problèmes aérodynamiques qui freinaient la RB22. Cette victoire arrive au pire moment pour ses rivaux directs, qui espéraient consolider leurs positions avant la ligne droite finale de la saison.

Du point de vue technique, ce Grand Prix Malaisie fut un exercice de souplesse. Red Bull a d’abord chaussé des intermédiaires pendant que les Mercedes adoptaient des slicks, pariant sur un séchage rapide de la piste. Ce pari a d’abord payé, puis, avec le retour de l’averse et la sortie de la voiture de sécurité, toutes les hypothèses ont été bousculées. Finalement, les équipes qui ont su lire le ciel ont été récompensées, signe que dans ces conditions, la décision aux stands compte autant que la performance du pilote.

Grand Prix Malaisie — Podium de Sepang : Verstappen, Antonelli et Hamilton

Qualifications du Grand Prix Malaisie : la première pole position de la saison

Samedi, à l’occasion du Grand Prix Malaisie, Max Verstappen a signé la première pole position de la saison 2026, avec un tour en 1’35 « 130. Le fait le plus notable : c’était la première pole de l’année pour une voiture non propulsée par Mercedes. En effet, l’écurie à l’étoile, McLaren et Alpine partagent toutes le moteur de la marque de Stuttgart. Lewis Hamilton a pris la 2e place en 1’35 « 428, offrant au public un premier rang partagé entre les deux hommes pour la première fois depuis la Hongrie en 2023.

Isack Hadjar a réalisé le 3e temps (1’35 « 558), mais il paiera une pénalité de 5 places sur la grille pour changement d’unité de puissance et partira 8e. Kimi Antonelli a terminé 4e, pénalisé par une sortie de piste en Q2 ayant entraîné la suppression de son tour, puis l’usure d’un train de pneus supplémentaire avant la Q3. George Russell, vainqueur la semaine dernière à Bakou, n’a pu faire mieux que la 8e place. Un signal d’alerte pour le dauphin d’Antonelli au championnat, qui a reconnu des pneus « en enfer » sur l’asphalte rugueux et brûlant de Sepang.

Chaque séance de la journée avait livré un signal différent : Red Bull s’était imposée en FP1, Ferrari avec Leclerc en FP2, Mercedes avec Antonelli en FP3. Autant dire que la lutte pour la pole demeurait ouverte jusqu’au bout. La chaleur extrême et l’usure rapide des pneus tendres, limités à un seul tour rapide sur ce revêtement abrasif, ont rendu chaque tentative délicate. C’est finalement la régularité de Verstappen, le plus constant dans les trois secteurs, qui a fait la différence dans les cinq dernières minutes de Q3.

George Russell, grand perdant du Grand Prix Malaisie

Lors du Grand Prix Malaisie, George Russell a vécu l’enfer. Parti 7e en profitant de la pénalité de Hadjar, l’Anglais a rapidement grimpé jusqu’à la 2e place, à seulement 6 tours de l’arrivée. Puis, sur un tour sous voiture de sécurité au 50e tour, l’unité de puissance de sa Mercedes a lâché. Abandon. Le pilote n’avait plus qu’à regarder Verstappen filer vers la victoire, depuis la voie des stands. Une sortie de course qui a tout changé pour le championnat.

L’impact est immédiat. Avant le Grand Prix Malaisie, Antonelli comptait 66 points d’avance sur son coéquipier. Après la course, l’écart atteint 84 points. Autant dire trois victoires complètes. Avec sept épreuves restantes, la lutte pour le titre devient une formalité mathématique pour l’Italien, même si la Formule 1 n’offre jamais de certitude absolue. Une semaine après son grand chelem à Bakou, comme relaté dans notre compte-rendu du Grand Prix d’Azerbaïdjan, Russell perd ainsi le fil d’une trajectoire qui s’annonçait pourtant prometteuse.

En revanche, le constat côté Mercedes dépasse la simple malchance. L’écurie allemande avait pourtant apporté un important package d’upgrades pour ce week-end. En vain. Toto Wolff a lui-même évoqué les difficultés de la W17, qui souffre particulièrement sur les circuits exigeants pour les pneus. Le Grand Prix Malaisie a confirmé un pattern inquiétant : dès que l’asphalte devient abrasif et la chaleur extrême, la voiture perd son efficacité, tandis que Red Bull, lui, progresse course après course. Brackley doit désormais trouver des réponses rapides avant la fin de saison.

Classements après le Grand Prix Malaisie : Mercedes en tête, Red Bull de retour dans le jeu

Après le Grand Prix Malaisie, le classement des pilotes s’établit ainsi : Kimi Antonelli mène avec 320 points, suivi de George Russell à 236 points (84 points derrière), Lewis Hamilton à 214 points, Charles Leclerc à 191 points, puis Lando Norris et Max Verstappen, à égalité à 188 points. Oscar Piastri (128 points), Isack Hadjar (96 points), Liam Lawson (65 points) et Pierre Gasly (41 points) complètent le top 10. Antonelli totalise désormais 8 victoires en 16 courses, une régularité de champion qui fait de lui le grand favori du titre.

Par ailleurs, le classement constructeurs évolue plus lentement. Mercedes domine toujours avec 556 points, 151 points devant Ferrari (405 points). McLaren conserve la 3e place avec 316 points, mais Red Bull n’est plus qu’à 18 points, à 298 points. Une marge désormais raisonnable, qui remet l’écurie autrichienne dans la conversation pour la victoire finale. Racing Bulls (90 points), Alpine (68 points), Haas (27 points), Audi (17 points), Williams (12 points), Aston Martin (7 points) et Cadillac (0 point) complètent le tableau.

D’autre part, la course a offert quelques satisfactions notables. Fernando Alonso a signé la 8e place, son meilleur résultat de la saison pour Aston Martin, qui décroche ainsi une nouvelle entrée dans les points. Liam Lawson, lui, a exploité un choix de pneus audacieux pour passer de la 11e à la 4e position en début de course avant de terminer 7e. Charles Leclerc, parti dernier après un contretemps initial, a remonté jusqu’à la 4e place. Enfin, l’Alpine de Pierre Gasly a terminé 16e, confirmant les difficultés de l’écurie française sur ce type de tracé exigeant.

Coulisses du Grand Prix Malaisie : pneus, upgrades et stratégie sous pression

Le Grand Prix Malaisie a mis en lumière la question centrale de la saison 2026 : la gestion des pneus sur l’asphalte le plus abrasif du calendrier. George Russell l’a résumé parfaitement auprès de Sky Sports : « Le circuit est très exigeant pour les pneus, l’asphalte est tout ébréché, extrêmement rugueux, il fait une chaleur extrême et les pneus sont en souffrance. Pour une raison quelconque, cela semble nous affecter bien plus que les autres. » Une lecture que les ingénieurs de Brackley devront digérer avant Singapour.

Toutefois, au Grand Prix Malaisie, le week-end a aussi montré la capacité de Red Bull à s’adapter. Max Verstappen a dominé chaque phase de la course, malgré des conditions changeantes qui ont obligé toutes les écuries à revoir leurs stratégies entre pneus intermédiaires et slicks. Le pilote néerlandais a souligné la progression de son équipe : « Nous avons été très compétitifs sur ce week-end, et le team a travaillé très dur pour comprendre nos problèmes et apporter des évolutions performantes. » Cette maitrise de la stratégie a fait toute la différence dans une course où chaque décision comptait double.

Dans le détail, la course s’est jouée sur la lecture des nuages. Red Bull a d’abord pris le risque des intermédiaires alors que Mercedes pariait sur un retour rapide des slicks, un choix qui a failli basculer dans le camp adverse lorsque l’averse est revenue. Finalement, l’équipe autrichienne a su s’adapter plus vite que les autres, et cette souplesse en management de course est exactement ce qui lui manquait pour retrouver le devant de la scène en ce Grand Prix Malaisie.

Enfin, un point sur la régularité de Kimi Antonelli. L’Italien a encore été sanctionné pour sortie de piste en Q2, un comportement récurrent qui complique sa vie en qualification, même si ses performances en course restent irréfutables. Pour Mercedes, le chantier est double : retrouver de la vitesse en qualif et stabiliser la fiabilité, car 84 points d’avance ne suffisent pas si la voiture abandonne. La direction technique devra répondre à ces deux questions sous peine de voir le titre filer entre les doigts du leader.

Prochain rendez-vous après le Grand Prix Malaisie : Singapour, puis un sprint final

Après le Grand Prix Malaisie, le plateau file sur le Grand Prix de Singapour, prévu du 9 au 11 octobre, pour la 17e manche de la saison. Une épreuve nocturne sur circuit urbain, qui constitue toujours un test exigeant pour les freins, la direction et la gestion thermique des voitures. Ensuite, le calendrier s’accélère : États-Unis à Austin (23-25 octobre), Mexique (30 octobre – 1er novembre), Brésil (6-8 novembre), Las Vegas (19-21 novembre), Qatar (27-29 novembre) et la finale à Abou Dhabi (4-6 décembre).

En définitive, ce Grand Prix Malaisie fait entrer la saison 2026 dans sa phase décisive. Kimi Antonelli, avec 320 points et 8 victoires, est le grand favori d’un titre qu’il pourrait décrocher avant même la finale. George Russell doit, lui, espérer des catastrophes et enchaîner les triomphes pour rester dans le débat. Max Verstappen, enfin, a retrouvé le goût de la victoire et pourrait devenir un troisième larron redoutable dans la bataille des constructeurs, où Red Bull n’est plus qu’à 18 points de McLaren. Le Grand Prix Malaisie restera comme l’un de ces week-ends charnières qui, dans l’histoire de la Formule 1, ont souvent précipité les fins de saison.

Le Grand Prix Malaisie a surtout révélé un rapport de force qui devrait peser lourd dans les semaines à venir : une Mercedes en difficulté sur les revêtements abrasifs, et une Red Bull en pleine reprise. Si ce scénario se confirme, la bataille des constructeurs pourrait se jouer sur les dernières épreuves de la saison, là où chaque position sur la grille et chaque choix de pneus comptent pour les équipes qui restent en course.

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